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 Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }

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MessageSujet: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 7 Mai - 16:40

{ S H I N E }
02.04-W100

    Prénom : Shine { Ex-Ryôsuke }
    Âge : 18 ans
    Sexe : Mâle
    Attirance : Hétérosexuel
    Série : Zero

{ P h y s i c a l }

    I was made to be a perfect toy...
    But I am a destruction machine.


    En réalité, Shine eut droit à deux identités ; ce qui implique à la fois deux caractères et deux images. Sachant que le petit chiot agressif aux mèches rebelles blondes a définitivement disparu, nous ne nous concentrerons que sur l’apparence actuelle de notre Inu.
    Par rapport à la majorité des hybrides du labo, c’est vrai, Shine est grand. Même très grand – il les dépasse tous d’une tête minimum, à vrai dire. Nul ne sait pourquoi il a été conçu avec une taille supérieure à la moyenne, sachant qu’une faible stature convient mieux à un statut d’esclave mignon et obéissant. En tout cas, ce n’est pas pour lui déplaire, cette apparence provoquant automatiquement une réflexion minimale chez les potentiels attaquants avant qu’ils aient l’idée de lui chercher des noises. Cette stature n’est pas accompagnée d’une musculature surdéveloppée comme on pourrait s’y attendre, ou d’un quelconque aspect d’armoire à glace, même s’il est vrai que Shine a une constitution moins fine et des épaules un chouilla plus larges que la majorité de ses congénères. En revanche, elle va de pair avec une force physique également supérieure à la moyenne ; de manière familière, Shine pourrait être traité de brute, voir de « gros bourrins ». C’est qu’il ne fait pas dans la dentelle, lorsqu’il s’énerve. C’est un concentré de force brute. Bien entendu, d’un autre coté, il est désavantagé sur le coté agilité et vitesse. Mais en général, même si son adversaire est un singe, il réussit à l’avoir, et là, l’autre souffre.
    Encore heureux, notre Zéro ne s’énerve pas souvent. Enfin… ça dépend de ce que l’on entend par « souvent ».
    Comme tous ceux de sa série, Shine tranche violemment sur la monochromie de la masse, à la fois par sa couleur et son coté « réussi ». Il est beau, oui, on ne peut le nier. Ses traits n’ont pas forcément la finesse des autres hybrides, étant ceux d’un 04 originel, mais une empreinte sauvage et une grâce naturelle compensent largement ce léger défaut, ne retirant rien au charme de l’Inu pour au contraire lui ajouter une touche d’exotisme. Tout comme la couleur plus que surprenante de sa chevelure : en effet, sans doute inspirés par le blond platine originel de ses mèches courtes, les scientifiques qui l’ont transformé ont doté Shine de cheveux d’une couleur rousse flamboyante, tirant plus sur le rouge que sur l’orange. Le moyen parfait pour passer inaperçu, me direz-vous. On ne peut pas tout avoir. Ces mèches mi-longues, ne dépassant pas sa nuque, ne sont ni raides ni ondulées, un peu entre les deux selon les jours, et encadrent son visage d’un mouvement quelque peu rebelle, sans pour autant gêner sa vision. A la racine et sur la nuque, si on allait les chercher, on pourrait distinguer quelques éclairs blancs, seuls témoins des manipulations opérées sur le jeune homme.
    De son apparence originelle, mise à part la forme générale, sont seuls restés ses yeux. Car dès sa naissance, Shine était doté d’une paire de prunelles d’une beauté surprenante, si saisissante et inhabituelle que les Cinq décidèrent de la garder intacte. Dans ces yeux légèrement en amande, empreint de tant d’émotions différentes, de la douceur à la bestialité, le monde se reflète avec une clarté parfaite. Les iris du jeune homme ont une très vive couleur verte, mêlée d’un jaune pailleté, qui se fait plus ou moins important selon la luminosité, mais restent toujours à la fois transparents et d’un éclat violent. A force de fixer cette couleur inhabituelle, on en aurait presque mal aux yeux. Et cela ne rend ses regards assassins que plus effrayants. Car Shine sait se faire impressionnant lorsqu’il le désire – il a depuis longtemps compris que dissuader sans toucher était plus reposant pour sa conscience que frapper sans laisser l’occasion de fuir. Et extérieurement, il n’hésite pas à montrer les crocs pour faire déguerpir les indésirables, la queue entre les jambes. La seule imperfection visible sur son corps tout entier est également située là où se trouve la plus grande partie de son charme : son œil gauche est barré par trois fines cicatrices, les restes d’une violentes bagarre avec son ennemi juré. La seule imperfection physique.
    Coté vêtements, le Zéro est mieux habillé que la masse, ceci dû à son séjour à l’extérieur : il porte par conséquent un pantalon décontracté, en tissu kaki, et un sweat à capuche grisâtre, ainsi que des baskets aux semelles épaisses. Il avait, du temps de l’extérieur, un faible pour les lunettes de soleil – ses yeux clairs sont très sensibles à la lumière.
    Shine est donc, on le sait, un hybride croisé chien : et tout comme sa chevelure flamboyante, ses oreilles ainsi que sa queue canines sont d’une belle couleur rousse, bien que plus terne que celle de ses cheveux. Etrangement, malgré sa nature plus « humaine » que ses congénères, il a une tendance très prononcée à remuer la queue ou les oreilles selon ses humeurs. Comme quoi, si vous voyez Shine coucher les oreilles et montrer les crocs, une seule alternative : courez !

{ M e n t a l }

    I was born as a fucking wild beast.
    Now I have to become it again.

    Aaaah, really, you makes me sick.
    Really, even if I don't know why. I’ll kill you.


    Comment décrire Shine niveau caractère ? C’est un Zéro, n’oublions pas… une boule de gomme, vous voyez. Oui, en effet, à l’opposé complet des autres hybrides du laboratoire, Shine n’est en rien agressif, mauvais, ne cherche jamais à faire de mal à autrui. En réalité, il est bien plus humain que les autres expériences. Mais à la différence de l’humain, il n’a pas été élevé dans la connaissance des sentiments négatifs, ce qui fait de lui un être plein d’innocence et de gentillesse. A l’intérieur, notre gros molosse aux longs crocs n’est pas mauvais pour un sou. Il déteste la violence, et croyez-moi, c’est vrai. Il n’aime pas ressentir la colère, la haine, la rancœur, tout ce qui peut remuer l’intérieur et les pensées de manière négative. Au contraire, au fond de lui, il a beaucoup d’affection à donner, à ses congénères Zéros comme un grand frère, aux hybrides plus jeunes que lui, aux filles, à tous ceux qui semblent capables d’en recevoir et même ceux qui sont blessés, agressifs, torturés au fond d’eux-mêmes. Car même s’il ne s’en souvient pas, Shine connait la douleur, le sentiment d’être tourmenté de l’intérieur et dans son être tout entier. Et il ne le souhaite à personne. Il est de ces personnes qui aiment aider sans rien demander en retour. Il serait capable d’attendre des jours durant qu’un animal effrayé sorte de sa cage afin de l’apprivoiser, ou de serrer contre lui un hybride en furie jusqu’à ce qu’il se calme, quitte à être déchiqueté par ses crocs. Un don de lui-même ? Plutôt un désir de voir ses congénères échapper à la douleur, comme il l’a presque fait. Une immense réserve de compassion, et d’amour, ce qui est assez exceptionnel dans un tel environnement.

    Mais il ne faut pas se leurrer. Shine est gentil, mais il est intelligent. C’est un Zéro, après tout. Alors il est gentil, certes, mais il n’est pas naïf. Il est parfaitement conscient des conditions dans lesquelles il se trouve, des règles impitoyables de l’environnement qu’il a appris à connaitre. Il sait que les forts vivent et que els faibles meurent. Il sait se battre : si on le provoque, il ne répond pas, si on l’attaque, il se défend. Il n’attaque jamais le premier, il ne tue jamais, ne faisant que blesser suffisamment pour pouvoir s’en aller tranquille. Pour manger, il ne prend que sur les charognes malgré le dégoût que cela provoque chez lui. Au fur et à mesure, plus âgé et donc plus conscient de son rôle de protecteur envers les autres Zéros, il a laissé son ancienne personnalité, ses instincts de 04, ressurgir pour lui apprendre la survie. Il sait manier les atouts animaux, odorat, ouïe. Il sait intimider, trouver les endroits sûrs, éviter les bandes dangereuses. Il a appris de quelle manière protéger, de lui-même, en laissant s’exprimer les instincts bridés et entravés par les scientifiques, diminués, mais bien présent. Mais il reste contre la violence et la douleur. En vérité, Shine déteste ce coté animal qu’il est forcé d’utiliser pour survivre. Je l’ai déjà dit : il déteste la violence et la haine.
    Concernant le jeu, pour reprendre sur cette maturité qui lui confirme un certain rationalisme, il ne se fait pas d’illusions. Même s’il évite d’y penser, il est plus ou moins conscient que la fin de sera heureuse pour personne. C’est pour cette raison qu’il désire quitter les lieux avant la fin, accompagné de ceux qui voudront bien le suivre. Après… il n’y a pas réfléchi. Mais s’évader suffira pour le moment, car il a vécu à l’extérieur et il le sait : rien ne peut être pire que l’intérieur de ce labo.
    Shine est peut-être intelligent, mais il évite de se poser trop de questions. Car il sait que s’il se met à penser, toutes ses incertitudes sur ce qu’il est reviendront au galop et le tortureront sans relâche pendant des jours, jusqu’à ce qu’il ferme de nouveau son esprit à ses interrogations. Alors il avance, pas sans réfléchir, mais sans réfléchir sur la durée. Il prend les choses comme elle vienne et ne se projette pas trop loin dans le futur, sauf lorsque cela s’avère réellement nécessaire. De fait, il ne craint pas grand-chose. La mort ne lui fait pas peur parce qu’il ne pense pas pouvoir la subir, et la douleur, il la tient à l’écart de ses pensées. Seule l’obscurité l’angoisse. Seul dans une pièce sombre, il paniquerait sûrement – s’il est accompagné, il tentera de repousser sa peur pour montrer l’exemple. Shine se comporte toujours comme l’aîné avec ses congénères : c’est quelqu’un sur qui, une fois rencontré, si les intentions son bonnes, on peut toujours compter ; chose rare en ces lieux sans lumière…

    Il me faut tout de même préciser un détail important : toutes les caractéristiques citées ci-dessus sont toujours valables… exceptées dans un seul cas assez exceptionnel.

    « YUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

    Voilà. LA personne, la seule, l’unique, qui a le pouvoir de faire complètement changer Shine en l’espace d’un instant. La seule capable de transformer le Saint Bernard en Pitbull enragé. Yuu, ce sympathique neko 08 tant haï de notre cher Zéro. La seule personne qu’il ne peut voir en aucune façon sans chercher à l’attaquer, le frapper, ou lui lancer quelque chose à la figure. C’est simple : dès l’instant où le rouquin aperçoit l’objet de son mépris, il ne réfléchit plus, ne pense plus, et devient une véritable machine de destruction. Et il n’y peut rien.
    En réalité, c’est un effet à moitié voulu. En effet, pour garder le contrôle de lui-même et rester « humain » en continuant à réprimer ses instincts violents, Shine a dû faire des concessions. Il n’était pas « parfait ». Il a dû pallier cette erreur. Et c’est en reportant sa colère, sa violence, sa bestialité et sa haine toute entière sur Yuu – qui en l’occurrence le lui rend bien, seul hybride à lui pourrir la vie en permanence, qu’il réussit à rester calme le reste du temps. Sachant que le 08 vient l’emmerder quasiment tous les jours, ça lui permet de « décompresser ».
    Lorsque Shine devient violent, 90% du temps lorsque Yuu lui tape sur les nerfs, les objets volent. Les coups pleuvent. Et on découvre que le Zéro a une remarquable puissance vocale. Bref, un seul conseil, ne vous retrouvez pas sur son chemin dans ces moments-là et laissez-le courir après sa proie qui s’en sort très bien pour éviter les coups. Ce qui a le don d’énerver notre Inu encore plus.

    Rêves : Sortir avec ceux qui sont encore assez intelligents pour le suivre, retrouver le plus de Zéros possibles, tuer Yuu, revoir la lumière.


Dernière édition par Shine le Jeu 17 Mai - 12:14, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 7 Mai - 16:46

{ S t o r y }
      Lorsque 02.04-W104 ouvrit les yeux sur le monde pour la première fois, la lumière crue et vive des néons qui illuminaient la salle des incubateurs lui blessa les yeux.

    « Sortie de l’incubateur du sujet 02.04-W104. » Indiqua une voix masculine neutre non loin, faisant frémir ses oreilles canines. « Veuillez procéder aux premiers examens. »
    Péniblement, le chiot entrouvrit les paupières pour découvrir l’environnement qui l’entourait ; du blanc, partout. Et puis, il y eut cette immense vitre transparente, de l’autre coté de laquelle semblait se jouer exactement la même scène que celle qui se produisait autour de lui. Pour la première fois, ses yeux verts croisèrent le regard rouge du neko tout juste né lui aussi, de l’autre coté de la vitre. Le corps de l’hybride fut agité d’un frisson : était-ce le froid, ou un pressentiment ? Entre eux, ce ne serait pas seulement un regard…

    8ème année du sujet 02.04-W104

    S’il y avait une chose dont on ne pouvait qualifier le sujet 02.04-W104, s’accordaient entre eux tous les scientifiques responsables des 04, c’était bien de docilité. A croire que son unique but dans la vie était de griffer, mordre, et faire l’inverse de ce qu’on lui disait, râlaient régulièrement les chercheurs qui lui étaient attribués. A tel point que tous s’équipaient désormais d’un teaser et de gants épais lorsqu’ils devaient entrer en contact avec lui. L’hybride récalcitrant était puni au moindre signe de rébellion, maintenant qu’il avait blessé ses maîtres à plusieurs reprises. Il fallait l’assommer de calmants pour tout examen et, depuis le fond de sa cage, il observait constamment ses bourreaux d’un regard vert mauvais.
    Il semblait presque plus sauvage encore que ses congénères ; chaque fois qu’il voyait une parcelle de peau à découvert, il attaquait, plaisantaient parfois les jeunes. Ce qui n’était pas loin de la réalité. 02.04-W104 avait fait de multiples fois l’expérience de la salle noire, et toutes les punitions imaginées par les scientifiques avaient été testées sur lui au moins une fois. La seule raison pour laquelle il n’avait pas encore été rayé de la liste des sujets d’expérience, c’était que, selon le directeur de section « il fallait bien utiliser les ratés pour les expériences les plus risquées, histoire d’épargner les réussites potentielles. ». C’était là la seule utilité que voyaient les hommes en 02.04-W104.
    C’est dans ce climat que grandit l’expérience, chaque punition, chaque châtiment corporel le rendant chaque fois plus sauvage, vicieux et cruel. Contrairement à la plupart de ses compagnons d’infortune, il ne parlait jamais et n’en semblait pas capable ; ses yeux brillaient d’un éclat brutal, et toute son attitude tenait plus de l’animal que de l’humain.

    C'est dans les eaux de sa huitième année que se produisit un évènement assez important dans la vie de 02.04-W104. Un jour, deux de ses chercheurs attitrés l’éjectèrent, avec dureté comme toujours, de sa cage. Comme chaque fois qu’il était conduit aux salles d’examens, l’Inu, se débattit en grognant, cherchant à mordre tout ce qui passait à sa portée avant que la piqûre de calmants ne l’envoie au pays des rêves. Cependant, l’injection ne vint pas. 02.04-W104 le constata avec surprise, alors que d’autres hommes se joignaient aux deux premiers pour le maîtriser et le traîner vers une pièce où il n’avait jamais été ; après un moment de lutte, de nombreux jurons et de multiples coups de griffes assénés aux blouses blanches des scientifiques, 02.04-W104 fut jeté sans aucun ménagement dans une salle semblables aux pièces d’éducation qu’il avait brièvement fréquenté avant qu’on se rende compte qu’il était inutile de chercher à lui apprendre quoi que ce soit. L’Inu entra rudement en contact avec le sol et se redressa immédiatement, grognant, sur ses gardes. Faisant un tour sur lui-même pour examiner son environnement, il réalisa que ses bourreaux n’étaient pas entrés avec lui. Malgré cela, il n’était pas seul ; de l’autre coté de la table basse, debout dans une attitude méfiante, un autre hybride le dévisageait.
    Il s’agissait d’un Neko, plutôt maigre et famélique, à la différence de 02.04-W104 qui lui était surtout musclé ; le poil noir, les yeux rouges. Rouges. Dans un éclair de lucidité, 02.04-W104 comprit qu’il s’agissait du neko de la première fois. La toute première fois ; et le tout premier être dont il avait croisé le regard dans cet enfer. Dans l’esprit de 04 de l’Inu, l’image du maigrichon s’associa immédiatement avec tout ce qu’il subissait depuis sa naissance et à sa vie dans ce monde infernal. Relevant ses lèvres, comme des babines, sur ses crocs, le four lâcha un profond grondement rempli de menace ; les pupilles de ses yeux verts se réduisirent en un éclair à de simples fentes. Et un seul sourire de son vis-à-vis fut déclencheur. Pas besoin de raison précise pour 02.04-W104, pour avoir l’envie et le besoin de faire la peau à l’autre hybride. Il était comme ça, tout simplement ; c’était inscrit dans ses gènes. Poussant un cri de rage, le 04 sauta par-dessus la table et fondit sur son ennemi, engageant une lutte féroce.
    Il ne se rappelait plus très bien du déroulement du combat, comme chaque fois que la rage animale l’emplissait. Lorsqu’enfin les chercheurs intervinrent pour les séparer, 02.04-W104 était blessé à l’œil et en divers endroits, et l’autre avait souffert de multiples coups. Les détails de cette journée restèrent toujours pour lui assez flous.
    Il croyait ne lus jamais revoir le Neko. Il se trompait. Lourdement.
    Bientôt, les scientifiques réitérèrent l’expérience, qui n’avait alors aucun sens pour l’hybride.
    Mais cela devint une monotonie inébranlable ; les batailles contre le garçon aux cheveux sombres constituèrent très vitre la majeure partie de ses occupations, avec la récupération des blessures qu’il en tirait. D’après ce qu’il put entendre brièvement par la suite, il s’agissait d’un « test de réaction et d’agressivité en comparaison entre les séries 04 et 08 ». L’« autre », comme l’appelait désormais 02.04-W104 en son for intérieur, était donc un 08. Et au contraire de lui, il se servait de son cerveau pour attaquer. Ainsi, ce dernier ne fut bientôt plus le seul à recevoir des coups : il se mit très vite à utiliser les divers instruments mis à sa disposition, en particulier les lames de rasoir extrêmement aiguisées, si promptes à écorcher la chair de l’Inu. De son coté, celui-ci gagnait en agilité et en force destructrice.

    De la 9ème à la 15ème année du sujet 02.04-W104

    Puis, au bout d’un an de ce manège, 02.04-W104 cessa d’être confronté à l’Autre. Du jour au lendemain ; après lui avoir balancé tout ce qui lui passait sous la main à la figure, dans une des crises de folie qui le prenaient chaque fois qu’il se retrouvait face à lui.
    De nouveau, il passa ses journées dans sa cage, à attendre, recroquevillé dans l’ombre, la main qui se tendrait la prochaine fois pour l’arracher à l’obscurité, la main qu’il chercherait à mordre sauvagement. La monotonie des tests. La banalisation de la souffrance. Il ne réfléchissait pas plus qu’auparavant, mais se montrait cependant un peu plus lucide. Et il s’ennuyait, aussi. Terriblement. Il avait découvert la violence et y avait pris goût. Désormais, il redoublait de sauvagerie dans ses attaques contre ses bourreaux, cherchant à faire souffrir et à blesser le plus gravement possible. Dans le même temps, il écoutait, recroquevillé dans un coin de sa cellule, les rumeurs qui couraient entre les cages, entre les hybrides les plus loquaces. Sans grand intérêt, juste pour passer le temps ; mais c’est ainsi qu’il eut des nouvelles de l’ « Autre ». Des nouvelles qui lui étaient écœurantes. Il n’avait jamais vraiment fait attention au caractère de son adversaire attitré, mais il le découvrait dans ces rumeurs ; et si il le dégoûtait, ça ne l’étonnait pas plus que cela, tant son aversion pour l’animal était grande. D’après les dires, le 08 était, résumons : hypocrite, faiblard, lèche-botte, lâche, sournois, vicieux, faisait du troc d’informations avec les autres hybrides, pas net, obsessionnel, et d’ailleurs, obsédé par lui. Enfin, ça, il n’en était pas sûr, mais vu qu’un tiers des informations que le Neko réclamait portaient sur sa personne, 02.04-W104 commençait à croire que son ennemi avait un problème mental. Mais franchement, qui n’en avait pas, dans cet asile sans lumière ?

    Un an plus tard, à peu près, 02.04-W104 retrouvait la pièce meublée de tout un bric-à-brac invraisemblable, et l’éternel 08 qui continuait de le toiser de son petit air méprisant. 02.04-M108 d’ailleurs, se nommait-il, vu qu’ils étaient nés le même jour. Mais ça, 02.04-W104 n’en avait rien à cirer. Tout ce qui l’importait, c’était que le Neko lui sortait de plus en plus par les yeux. Et il lui fit rapidement comprendre, en se jetant sur lui pour lui asséner des corrections monumentales.
    Une nouveauté que lui fit découvrir sa soi-disant « victime », ce fut l’humour. Et entre autres, cet humour se manifesta par l’apparition d’un surnom qui en soi n’avait rien de ridicule, mais que 02.04-W104 détesta instantanément, tout simplement parce qu’il était sorti de la bouche, et donc du cerveau de 02.04-M108. Pour une raison inconnue, et avec une signification inconnue d’ailleurs. Ryô.
    La première fois que l’Autre l’appela « Ryô-chan », 02.04-W104 piqua une crise de nerfs et lui fit tomber une armoire dessus. Non, il ne possédait pas une force surhumaine ; il était juste plus musclé que la plupart des hybrides, et avait un réel talent pour frapper juste au bon endroit pour tout faire s’écrouler.
    Ce qui l’énerva encore plus, ce fut le moment où les jeunes chercheurs, amusés de l’appellation, se mirent à l’appeler « Ryôsuke ». Comme s’il avait besoin d’un nom stupide et inutile. 02.04-W104 suffisait pour cette bande d’imbéciles. Chaque fois que l’Inu entendait son surnom, il couchait les oreilles en arrière et ses yeux luisaient d’un éclat meurtrier ; parce que tout cela le faisait toujours penser à 02.04-M108. Quant à ce dernier, 02.04-W104 l’appelait simplement « l’Autre » ou « Toi », les rares fois où il s’adressait à lui.
    Pendant le temps qu’il passa alors, de nouveau, à essayer de faire la peau au 08, il eut tout le loisir de constater que les rumeurs qui circulaient à son sujet étaient vraies. 02.04-M108 était : fourbe, menteur, ironique, moqueur, sadique, manipulateur, hypocrite, sournois, et des journées entières n’auraient pas suffit à l’Inu pour dresser la liste complète de tous ses défauts. En bref, il le trouvait tout simplement immonde et ne pouvait pas, mais absolument pas le supporter. A force de moqueries et de ses air supérieurs ou désobligeants, l’Autre était devenu le pire cauchemar de 02.04-W104 ; un de ces cauchemars si horripilants, si énervants, qu’on voudrait les saisir à la gorge et leur arracher toute la chair, avant de les noyer dans leur propre sang. Enfin, ça, c’aurait été un des rêves du 04. Et il ne cauchemardait pas de son ennemi la nuit, mais presque.

    Le soulagement advint un an plus tard, lorsque de nouveau 02.04-W104 fut débarrassé de son insupportable congénère. Pas pour longtemps, car une année pleine après, il eut l’immense joie de revoir sa sale tête de scélérat, les scientifiques pensant visiblement que leurs capacités à tous deux pouvaient s’améliorer s’ils laissaient une période de battement de 12 mois à chaque fois. 12 mois d’ennuis suivis de 12 mois de carnage. Ainsi continua la vie de 02.04-W104.
    Jusqu’à ce l’Inu balance la table centrale en plein dans la tête de l’Autre et lui ouvre le crâne, ce qui amena les humains à le séparer définitivement du 08 avant que toute l’histoire ne tourne très mal pour lui, à mesure que le 04 devenait plus fort physiquement. La victoire de la matière sur l’esprit, en quelque sorte.
    Alors que les chercheurs le traînaient de force – comme toujours, c’étai la seule manière de l’amener à se rendre quelque part de toute façon – hors de la « salle de combat » qu’il connaissait désormais si bien, 02.04-W104 surprit du coin de l’œil deux hommes de haute stature, discuter entre eux à l’écart des autres en lui jetant des coups d’œil furtifs, mais intelligents et entendus. Peut-être était-ce là le « sixième sens » animal ? Alors que les autres scientifiques ne remarquaient rien, 02.04-W104 sentit que ces deux-là allaient avoir un rôle particulier dans sa vie ; tout comme il l’avait pressenti pour l’Autre la première fois.

    15ème année du sujet 02.04-W104 : Retour à 0

    C’est à partir de cet incident que 02.04-W104 devint impossible à gérer pour ses chercheurs attitrés. Il était devenu absolument impossible de l’approcher sans être blessé, parfois très gravement. Il passa dès lors la majeure partie de son temps dans les salles de correction et la salle noire, ce qui n’arrangea pas son tempérament agressif, bien au contraire. Ce fut environ un mois après l’arrêt de l’expérience « 04 VS 08 » - ainsi appelée familièrement par les scientifiques les plus jeunes – tous s’accordèrent sur le fait qu’il n’était plus possible de continuer les test sur un spécimen aussi dangereux. Alors qu’il était pour une énième fois enfermé dans la pièce obscure, 02.04-W104 fut condamné à la salle de la mort.
    Mais au dernier moment se produisit un retournement de situation. L’expérience destinée à la casse fut choisie.
    Cela se produisit alors qu’il était plongé dans les ténèbres. Recroquevillé sur lui-même, adossé à un mur ; 02.04-W104 n’avait en réalité jamais apprécié l’obscurité. Cependant, son caractère violent naturel l’emportait chaque fois sur sa peur de la salle obscure, et lorsqu’il s’y retrouvait il ne pouvait que regretter son manque de réflexion. Ainsi, les seuls instants où l’Inu pouvait sembler inoffensif étaient ceux où il était plongé dans le noir complet ; et les brèves secondes qui suivaient sa libération de la salle des cauchemars.
    Cette fois-ci, la porte s’ouvrit bien plus tôt que prévu, et un rai de lumière tomba sur les mèches d’un blond sale et gris, typique des pigmentations claires du laboratoire. Ouvrant ses yeux verts, il lui blessa la rétine. Et dans l’entrebâillement de la porte, se tenait l’Homme ; lui, le seul. Le maître. A cet instant, l’hybride n’avait pas bien su ce qui lui avait pris : un sursaut de servitude lié à son statut d’esclave, sans doute. Toujours est-il qu’il s’était levé et, trébuchant, était allé se ranger au coté de cet homme sans poser de question.
    Et le sujet 02.04-W104 avait disparu, avalé par les entrailles de la bête de métal.

    Et alors commença l’enfer pour le 04. Jamais il ne sut qu’il avait échappé à la mort de cette façon, et il n’eut jamais le choix. Mais peut-être, s’il avait su ce qui l’attendait, aurait-il alors choisi d’être supprimé, plutôt que de subir les pratiques odieuses des cinq savants. Leur but final ? Inconnu de l’hybride. Tout ce qu’il connaissait désormais étaient les coups, les tortures effectuées lentement sur chaque parcelle de son corps, les électrodes et les chocs électriques, les manipulations sur son esprit qui le rendait à moitié fou. Tout cela pour le changer ; tout remettre à zéro et recommencer. Tout chambouler dans son univers mental, son dernier isolement. Le rendre fou pour le rendre parfait. Il devint ultra-réceptif et craintif à outrance. Puis paranoïaque et complètement fou, vivant dans des délires mentaux qu’il était le seul à comprendre ; il fut renfermé sur lui-même, comme une huître close, alors même que les chercheurs lui apprenait à parler et à communiquer. Il fut violent, malade, enragé, pleurant comme un bébé, tordu, cassé en mille morceau ; schizophrène, même, lorsque la torture était trop forte pour son esprit seul. Tout ce en quoi il aurait pu se réfugier était mis à nu de toutes les manières les plus horribles qui soient. Il subit toutes les formes de violence possibles et imaginables. Il en vînt parfois à ne plus savoir où étaient le haut et le bas, dans la cage minuscule dans laquelle il était parqué, ni ce qui hurlait et pleurait à ses coté chaque nuit, gémissait le jour, puis disparaissait dans une odeur salée qui ressemblait à celle du fer… Les secondes étaient heures et les semaines minutes. Plus rien n’avait de sens. Plus rien. Il n’avait même plus assez de conscience pour souhaiter mourir, alors que souvent les autres hurlaient à la mort pour supplier qu’on les achève, dans des délires lointains qu’il n’était pas à même de comprendre. Il n’était plus 04. Aucun d’enter eux ici n’était plus rien de défini ; plus rien d’autre que des monstres sans identité ni construction fiable. Ils n’étaient plus rien.
    L’Inu ne les vit qu’une fois distinctement après son arrivée. Ce fut lorsqu’on l’emmena pour la dernière fois ; sa conscience morte se réveilla soudain dans un sursaut d’instinct et alors il eut devant les yeux toute la vérité. Comme sous l’effet d’une lumière crue, il aperçut les visages derrière les barreaux, ceux qui pleuraient de douleur, ceux qui vomissaient tout ce que contenait leur corps, ceux qui n’avaient plus la force de bouger. Ceux qui étaient traînés hors de leur prison pour retourner là d’où ils venaient. Blessés à mort dans leur inconscient, laissés pour compte dans leurs propres rejets pour des tests sans aucun sens ; carnaval de poupées grotesques sans utilité ; bal morbide de fantômes aux yeux vides. Et alors que l’Homme le portait vers la salle blanche, lui qui n’avait même plus la force de tenir debout, brisé, corps sans âme, il croisa le regard rouge. Comme le premier, le dernier regard que ses yeux verts accrochèrent ; un regard perdu, lui aussi. Mais cet hybride-là allait dans l’autre sens. Il retournait là où rien n’était à espérer. Mais ici, y avait-il quelque espoir, de toute façon ?
    Ce fut la dernière fois que l’Inu blond et le Neko brun se regardèrent. Ils ne se revirent plus jamais. - En tout cas, pas sous cette forme… -
    Ce jour-là, 02.04-W104 mourut.

    16ème année du sujet 02.04-W100 : Shine

    Lorsque l’hybride se réveilla, la lumière des néons lui brûla les yeux. Il se rendit compte qu’il ne savait pas. C’était l’expression la plus appropriée pour décrire ce qui lui arrivait : il ne savait rien. Ni qui il était, ni où, ni quand. Il pouvait bouger, parler, connaissait deux langues et pouvait nommer les objets qui l’entouraient. Mais de lui-même, il ne savait rien. Il n’avait aucun souvenir. Un adorable ange aux yeux innocents, doux comme un agneau, un bébé à l’apparence d’adolescent, tout beau tout neuf. Et les Cinq étaient vraiment fiers d’eux. La première fois, le plus grand d’entre eux – le Maître – s’était penché sur lui en souriant. Et il lui avait dit de l’appeler « Père ». Il lui avait raconté qu’il était l’un des « élus », l’un des « parfaits ».
    Et il l’avait appelé « Shine ».
    Le jeune Inu l’écoutait en écarquillant ses yeux à la couleur surprenante, et « Père » passait ses doigts dans ses mèches rousses :

    « Tu sais que ce signifie « Shine » ? C’est un éclat, comme une lumière. Tu es une de nos lumières, tu sais ? La perfection incarnée, l’une de nos plus belles réussites… alors ? »
    Les lèvres du jeune homme avaient tremblé, comme celles d’un enfant. Puis les mots étaient sortis ; ceux d’un adorable esclave, d’un enfant sans aucun vice. Pureté.

    « So I should be shining for you Father, right ? … Desu ? »
    Magnifique enfant, si prodigieux. Une fleur née sur un tas de cadavres, et qui ne le sait même pas.
    Par la suite, Shine avait fait la connaissance de ses camarades aux visages d’ange. Une dizaine en tout : Il y avait Sun, doux brun aux yeux mouillés, princier avec les filles ; Sakura, adorable petite fille... Et il y avait Hope, la superbe princesse aux cheveux d’or. La première. Que dire ? Tous vivaient dans une bulle au beau milieu de ce monde de terreur, une bulle douce et veloutée, inconscient des horreurs qui se produisaient autour d’eux, couvés comme des poussins par leurs « Pères », et parfaitement heureux. Autant qu’un enfant déconnecté de la réalité puisse être heureux. On leur apprenait à lire et écrire pour ceux qui l’ignoraient encore, par des méthodes douces et attentionnées. Il ne se serait pas agit d’éprouver les chers petits cœurs.
    En plus de ces enseignements de bases concernant les notions qu’il ne connaissait pas encore, Shine apprit rapidement à aimer, presque à vénérer ses « Pères ». Car Père les avait tous tiré de l’horreur. Il les avait arrachés aux ténèbres et à la misère pour les emmener ici, à l’abri, et les reconstruire. Les rendre beaux et forts, et intelligents aussi. Il les avait sauvés. Tous les cinq, ils les avaient sauvés de la terreur et du cauchemar. Et les zéros écoutaient ces histoires en ouvrant grand leurs yeux purs et clairs, et chacun, en lui-même, se sentait rempli d’amour et de gratitude pour ces cinq hommes exceptionnels qui lui avaient donné la vie et tellement plus encore.
    Ils étaient les Zéros et ils étaient la version la plus complète et la plus réussie jamais obtenue, voilà ce qu’on leur disait ; mais on ne leur avait jamais dit de quoi ils étaient la perfection, ni d’où venaient les camarades qui, de temps en temps, leur arrivaient. Ni d’où eux-mêmes venaient, non. Ils ne savaient rien.
    Peu de temps plus tard, alors que plus aucun Zéro n’était arrivé parmi eux depuis une période que les plus anciens estimaient assez longue – la plupart d’entre eux n’avaient pas la notion du temps, le changement se produisit. Les Pères virent les voir dans un état d’agitation qu’ils tentaient de dissimuler tant bien que mal, et leur expliquèrent avec difficulté qu’ils allaient les emmener faire un tour à l’extérieur. Ravis de cette perspective inouïe, les petits 0 n’avaient en rien questionné leurs protecteurs, mis à part sur ce qu’il y avait dans cet extérieur qui les fascinait tant et qu’aucun d’entre eux n’avait jamais vu. Et ils ne s’étaient pas plus interrogés lorsque les scientifiques avaient condamné l’aile abandonnée derrière eux, alors qu’ils prenaient la fuite à bord d’une spacieuse caravane.

    16ème année du sujet 02.04-W100 : La lumière

    La première fois que Shine vit l’extérieur, la lumière du soleil l’éblouit. Les doigts appuyés contre les vitres, sa haute taille lui permettant de mieux voir que Hope debout à ses cotés, le Zéro écarquillait ses yeux verts pour mieux saisir, à travers l’obscurité du verre teinté, toute l splendeur de ce nouvel environnement.
    Lorsqu’ils étaient arrivés à destination, une maison de campagne au beau milieu d’une forêt verdoyante, et que les hybrides étaient descendus de la caravane, Shine avait alors pris pleinement conscience de la différence entre l’intérieur et l’extérieur. A l’intérieur, il y avait de la lumière, bien sûr… la lumière désincarnée et sans couleur des néons qui parsemaient les couloirs vides et froids, où les voix résonnaient lugubrement, et où absolument tout semblait décoloré. Même là où vivaient les Zéros, tout était terne, comme passé au filtre gris ; sur cet environnement, la chevelure couleur de flamme de l’Inu tranchait violemment, tout comme les boucles blondes de sa congénère Neko. C’étaient ces couleurs qui avaient, dans l’esprit de Shine, ouvert la possibilité de l’existence d’un monde différent, plus clair, plus vif et plus beau. Et ce monde se tenait désormais devant ses yeux écarquillés, faiblement blessés par la lumière du soleil à laquelle les scientifiques l’avaient habitué progressivement dans la caravane. Toutes les couleurs de l’été semblaient exploser devant ses pupilles : vert brillant, rouge brûlant, le bleu reposant et le jaune explosif, et le rose doux des pastels offerts par Père aux plus jeunes fillettes. Tout y était plus intense et plus intéressant à voir, là où jadis il n’y avait qu’un gris sale sur des murs sans aspérités ni décorations, Shine ne se laissait pas de contempler tout ce que l’extérieur pouvait offrir à ses yeux. Il s’agissait pour l’hybride d’un émerveillement sans borne et impossible à décrire ou qualifier par des mots – et d’ailleurs il n’en parla jamais à Père autrement que par l’expression de ses prunelles écarquillées – et également une raison de plus de révérer les Cinq pour cet immense sujet de joie dont ils lui faisaient cadeau.
    Ils passèrent environ une demi-année dans ce paradis terrestre.
    Aujourd’hui encore, Shine se souvient de cette période ; il s’en souvient comme la plus heureuse de sa vie. Chaque jour était une découverte, et chaque jour apportait un bonheur plus grand. L’Inu apprit à peu près tout e qu’il sait aujourd’hui durant ce laps de temps si court. Il apprit le monde, d’abord celui qui existait autour de la maison, puis petit à petit celui qui était plus grand, le vrai, l’immense, là où vivaient les autres ; et petit à petit sa vision de tout ce qui existait s’élargissait. Il apprit le vent, la pluie, la neige, le froid, la chaleur également ; l’automne, l’hiver, le printemps où les plantes sortent de terre. Le bonheur était tel que rester sous la pluie à contempler ce qui l’entourait ne semblait en aucun cas dérangeant à Shine. Les herbes des champs si douces, les feuilles des arbres toutes différentes, la peinture aux multiples couleurs, tous les animaux qui existaient dans la forêt, des fourmis aux cervidés. La joie, l’amitié, l’amour aussi, très brièvement, charmé par les sourires d’une de ses semblables. La rivalité également, avec les plus fortes têtes du groupe. La reconnaissance, encore, envers ses sauveurs. Les Zéros apprenaient à vivre. A être, comme tous auraient dû être et connaître les autres dès leur naissance.
    Il y avait tant de choses essentielles à la vie qu’aucun d’entre eux de connaissait jusqu’à présent : la lumière et les ombres, le jour et la nuit, et les étoiles, et la lune, le soleil et sa chaleur, qui brûlaient les yeux lorsqu’on tentait de le regarder. Peut-être était-ce dû à son nom et à sa crainte de l’obscurité, mais Shine passait beaucoup de temps à songer au soleil, à tenter de l’observer, allongé dans l’herbe en vue de ses tuteurs – parfois seul, parfois avec ses amis. La lumière le fascinait, après l’obscurité des pièces closes. Elle était présente partout, dans toute plante, toute pierre, tout ce qui existait ; même la nuit, lorsque le soleil était couché, la lune brillait, et les étoiles aussi, baignant tout ce qui entourait l’hybride dans la lumière. La lune ressemblait un peu, de loin, aux néons du laboratoire, avec sa lueur faible et blanchâtre, et Shine ressentait parfois un malaise confus en la regardant. Mais le soleil était magnifique. Le soleil représentait, au fond de lui sans qu’il sache pourquoi, un interdit impossible à atteindre en temps normal. Quelque chose de magnifique, aux couleurs changeantes, quelque chose d’insaisissable qui vous blessait lorsque vous tentiez de le regarder ; la lumière qu’il ne pouvait atteindre. Et pourtant, à cette époque si douce et si claire, elle lui semblait tellement proche ! Il avait parfois l’impression qu’il aurait pu la toucher des doigts et s’emplir tout entier de sa chaleur, jusqu’à devenir lumière lui-même, éclat d’étoiles.
    Mais tout cela n’était qu’illusions. Illusions, rêves et mensonges ; comme tout ce que la vie de l’Inu avait été.

    17ème année du sujet 02.04-W100 : Outside to Inside

    Cela se produisit un après-midi de début de printemps. Le papillon se brûla les ailes, l’illusion fut brisée et les portes se refermèrent.
    Pourtant, la journée avait un air monotone : les oiseaux chantaient, le vent jouait dans les arbres en fleur. La plupart des hybrides étaient à l’intérieur de la maison, à s’exercer aux activités proposées par trois de leurs « Pères », tandis que deux plus remuants avaient été conduits dehors par les deux scientifiques restant. Shine, lui, étant d’un naturel plutôt rêveur et peu expansif lorsque sa participation n’était pas sollicité, jouait tranquillement avec une nouvelle expérience que venait de lui apprendre le Maître : l’encre invisible créée à partir de jus de citron. Le jeune homme était en train de passer sa feuille couverte de caractères orientaux lorsque les coups de feu retentirent.
    Immédiatement, l’ambiance détendue et chaleureuse qui régnait dans la pièce changea du tout au tout. Les trois scientifiques bondirent sur leurs pieds, les Zéros cessèrent leurs activités et leurs oreilles se dressèrent, leurs expressions passant de l’amusement à l’anxiété. Puis la porte d’entrée fut enfoncée et trois hommes en combinaison noire entrèrent en trombe ; ils étaient armés, et les coups de feu suivants déclenchèrent les hurlements des hybrides, alors que le premier chercheur s’écroulait. Lâchant un cri d’horreur, Shine renversa la bougie qui laissa une large trace de brûlure sur sa main ; l’Inu serra ses doigts blessés, regardant avec effroi leur deuxième protecteur s’écrouler après avoir blessé l’un des soldats en combinaison à l’aide d’une arme à feu. Puis le Maître se leva et s’avança devant les deux hommes restant, les mains levées devant lui, et Shine ressentit un élan d’espoir : parce que Père était le plus fort, qu’il les avait tous sauvés, et qu’il avait toujours été là, devant eux, faisant figure de protecteur, leur plus grand rempart face au monde. Rien ne pouvait arriver à Père, Père était indestructible.
    Tous les regards, et des Zéros et des hommes en noir, se tournèrent vers Père lorsqu’il ouvrit la bouche, avec son assurance habituelle. Hypnotisé par la témérité du scientifique, Shine fixait son dos droit et fier, muet d’admiration, tandis qu’il déclarait, d’une voix qui ne tremblait pas :

    « Allons, messieurs, pas de précipitation, je suis certain que nous pouvons nous entendre entre personnes responsables. Après tout, nos objectifs sont les mêmes, non ? »
    Ses paroles ne semblèrent cependant émouvoir en aucune façon les nouveaux venus, qui se contentèrent d’échanger de brèves paroles en anglais, que Shine ne put saisir. Aussitôt, l’un des deux hommes encore debout sortit son congénère blessé de la maison, laissant sa place à un autre homme, qui entra en traînant un hybride terrifié par les cheveux. Une onde de mécontentement courut parmi les Zéro face aux blessures qui marbraient la peau du jeune Inu, mais le cliquetis d’une gâchette le fit taire. Père sourit.

    « Voyons, cher collègue. Je suis certain que vos supérieurs ne vous ont pas donné l’ordre de… »
    Les filles hurlèrent et les garçons lâchèrent des grognements plaintifs. Shine, lui, s’étrangla et poussa un misérable couinement animal lorsque leur protecteur s’affala face contre terre, le torse criblé des balles que le soldat avait tiré sans préavis, et sans aucune pitié. Le sang sauvagement versé éclaboussa le plancher couvert de dessins et d’enfants joyeux quelques minutes plus tôt, et un lourd silence tomba sur la scène, seulement troublé par les sanglots de l’Inu maintenu par le soldat. Puis ce dernier releva le canon de son arme et déclara d’une voix puissante :

    « Vous, les hybrides, vous nous suivez sans résistance. Sinon… » Il pointa son arme vers la tête du jeune Zéro, ce qui le dispensa de finir sa phrase.
    D’autres hommes en noir affluèrent dans la pièce et se jetèrent sur les hybrides, trop choqués pour bouger. Certains fondirent en larmes ; d’autres semblaient hypnotisés par le sang des chercheurs qui teintait le parquet d’écarlate. Shine fut de ceux-là… jusqu’à ce que l’un des hommes lui saisisse rudement le bras. A cet instant, tout se passa très vite dans la tête du Zéro… ainsi qu’autour de lui. En effet, plusieurs des jeunes hybrides réagirent en même temps que l’Inu, comme en écho au hurlement canin et sauvage qui sortit de sa gorge à ce moment-là. Quelque chose se réveilla au fond de ses entrailles, un instinct depuis longtemps oublié, qui remit en marche la machine animale qu’il abritait en lui, et qui n’avait été que profondément endormie par les Cinq. Ses réflexes de quatre refirent surface et, une lueur violente dans ses yeux verts, il attaqua avec sauvagerie l’homme en noir, frappant, mordant et griffant toutes les parties de son corps qu’il pouvait atteindre. Le fait que dans la pièce, au moins trois autres hybrides aient fait de même créa un capharnaüm et une mêlée brutale dans laquelle plusieurs soldats se tentaient par tous les moyens de maîtriser les Zéros violents.
    Malheureusement, les Zéros en question restaient les petits esclaves conditionnés pour savoir se défendre, mais pas attaquer de leur propre chef ; en outre, depuis leur « naissance », aucun d’entre eux n’avait jamais eu à faire face à un tel danger. C’est pourquoi, lorsque le chef des hommes en noir pressa la détente de son arme, appuyée contre la tempe de l’Inu prisonnier, tout sembla s’arrêter en une seconde. Les jeunes gens stoppèrent leurs attaques frénétiques et leurs regards se tournèrent avec horreur vers la porte où leur camarade s’écroulait, le sang ruisselant sur sa chemise ; puis chacun d’entre eux se retrouva sonné par divers coups de crosse, avant d’être maîtrisé par les humains. Et crier, miauler, rugir et tenter de mordre n’y changea rien.
    Leurs mains furent immobilisées dans leurs dos par des menottes plastifiées, puis on les poussa brutalement à l’extérieur et menés sans aucune délicatesse, parfois même aux coups de pied et de flingue, à un gros fourgon gris sombre qui attendait à une centaine de mètres de la maison. En passant, Shine tourna la tête et aperçu les corps inertes des deux derniers scientifiques, ainsi que celui de leur second congénère tué par les hommes en noir. Il trébucha et son garde lui enfonça le canon de son arme dans les côtes :

    « Marche droit, sale bête. Ne me dis pas que tu regrettes Mr le docteur Einstein fou, hein ? T’as sûrement aimé ça, te faire charcuter le cerveau jusqu’à ce que t’en deviennes un légume, hein ?» Railla-t-il avant d’éclater d’un rire gras et mauvais.
    « Ce n’est pas… » grogna Shine, mais il fut interrompu par un nouveau coup.
    « La ferme ! »
    L’Inu préféra se taire que de laver l’offense faite à son Père mort. Cependant, l’appellation insultante l’avait interpellé, et il ressentait maintenant un malaise qui n’avait rien à voir avec l’horreur de la situation. Un doute. Une pensée qui, sinueusement, faisait son chemin dans sa poitrine. Non, il ne voulait pas y croire.
    Les Zéros furent conduits jusqu’au véhicule et poussés à l’intérieur sans plus de ménagement.
    Alors que les premières vibrations du moteur se faisaient entendre, après qu’on ait claqué la porte sur leur petit groupe, plusieurs jeunes se mirent à sangloter, tandis que les plus âgés tentaient de les rassurer comme ils pouvaient, malgré leurs poignets liés. A travers l’une des minces fentes qui laissaient passer la lumière dans le fourgon, Shine put jeter un dernier coup d’œil en arrière pour voir la maison s’éloigner pour toujours, avant qu’un virage ne la dérobe à sa vue. Il sombra alors, comme les autre peu à peu, dans un silence angoissé et sombre, appuyé contre une jeune neko qui avait trouvé refuge contre son épaule. Aucun d’entre eux ne savait pourquoi ils avaient été emmenés avec tant de cruauté, pourquoi ils n’avaient pas été abattus, qui étaient leurs bourreaux, et où ceux-ci les emmenaient désormais. Après un temps qu’ils ne pouvaient estimer, mais qui leur parut à tous une éternité, la porte intérieure du camion s’ouvrit et un homme pénétra à l’arrière, là où les Zéros étaient parqués. Aussitôt, deux d’entre eux bondirent sur leurs pieds, les crocs en avant, tandis que les autres se recroquevillaient dans leur coin. Cependant, on voyait la peur dans leurs yeux ; ils n’étaient pas conditionnés pour faire face à la violence et montrer de l’agressivité : même Shine se sentait vacillant, derrière son air sauvage et ses grognements.
    L’homme n’était pas habillé de la même manière que les autres ; il portait une blouse blanche et des lunettes, à la manière des Cinq, autrefois, dans le labo. Son air supérieur et méprisant fit courir un frisson sur l’échine de l’Inu roux, lorsqu’il brandit devant lui un teaser pour faire reculer les deux fortes têtes.

    « Ca suffit vous deux. Il semble qu’on vous ait donné beaucoup trop de liberté à tous ; il va falloir remédier à ce petit écart de conduite. »
    Un objet que Shine n’eut pas le temps d’identifier, mais qui à l’écoute semblait bien lourd, traversa l’espace renfermé et alla frapper le plus grand des deux à l’épaule, le renvoyant dans son coin avec un couinement. L’autre hésita, puis recula et retourna s’accroupir avec les autres, la queue entre les jambes. Le scientifique prit un air triomphant :

    « Enfin, de toute manière on m’avait averti : vous n’êtes que de petits génies surprotégés et sans aucune ressource. Je constate qu’on ne m’a pas menti. Bien, bien. Laissez-moi vous expliquer ce qui va vous arriver maintenant mes chers petits cobayes. »
    Il se mit à déambuler dans l’espace exiguë, brandissant le teaser tandis qu’il parlait. Les hybrides suivaient l’objet des yeux avec crainte, et reculait lorsque l’homme s’approchait à les effleurer.

    « Vous avez été créés, comme tous vos congénères, par la science moderne entre nos mains, dans un périmètre hautement sécurisé et à but secret. Chacun d’entre vous appartenait à une classe entre 02 et 10, par ordre de réussite, et était destiné à un avenir radieux parmi les humains. Cependant, » L’homme en blouse marqua une pause et la ruse et la perversité se lurent dans ses yeux, « Un beau jour, cinq fous de nos confrères cherchèrent à effectuer une expérience interdite par la hiérarchie. Ils ont désobéi et ont donc été punis… »
    A ces mots, l’hybride soumis précédemment e leva d’un bond en poussant un feulement de rage, avant de se jeter sur le scientifique en lui criant de cesser d’insulter leur Père. Un grésillement se fit entendre et le Zéro retomba à terre avec une exclamation de douleur. Tenant son teaser levé, l’homme lui asséna plusieurs coups de pieds brutaux dans les côtes, sous les yeux horrifiés de ses camarades. Shine serra les dents sans rien dire, sentant la neko trembler contre son épaule.

    « Reste-à-ta-place-saloperie ! » Asséna l’homme à chaque coup.
    Lorsqu’il eut fini sa correction, un coup plus fort que les autres renvoya une nouvelle fois le garçon à sa place.

    « Vous avez été choyés et chouchoutés, à ce que je vois. » Reprit-il en se redressant. « Vous ne méritiez pas tant de privilèges. Sachez que ceux qui vous ont emmenés loin de votre matrice en bravant nos ordres ne sont pas aussi bienveillants que vous le pensez. En effet, ce sont eux qui vous ont sauvés de l’abattoir, pauvre ratés que vous êtes, mais comment croyez-vous qu’ils vous ont inversés suffisamment pour faire de vous ces petites peluches faiblardes et adorables ? Vous souvenez-vous de ce qu’ils vous ont fait après vous avoir enlevés en vous faisant passer pour mort ? Non, voyez-vous, vous n’avez aucun souvenir des tortures et de la violence, du conditionnement et des manipulations sur votre cerveau. Pourquoi ? Parce qu’ils vous ont utilisés comme cobayes vivants, pour ensuite vous laver le cerveau afin de faire de vous des légumes ! »
    Shine sentit une flamme de rébellion enfler dans sa poitrine, mais sa rage dut se voir dans ses prunelles vertes car alors même que sa compagne neko tentait de l’empêcher de se relever, un coup de pied le cueillit violemment au creux de l’estomac, le pliant en deux et stoppant momentanément sa perception de ce qui l’entourait. Les yeux baissés vers le sol, tentant de reprendre ses esprit, l’Inu entendit plusieurs grésillements et chaque fois des cris de douleur de la part des autres ; le cœur de la Zéro qui se blottissait contre lui en sanglotant battait anormalement vite ; il sentait la peur envahir son cerveau et se muscles. Lorsque l’homme reprit la parole, Shine ne releva pas les yeux.

    « Ah, ils étaient gentil, vos « pères », n’est-ce pas ? Des parents si attentionnés envers leurs si belles réussites. Ils ont dû être fiers d’eux, ces traîtres, ils ont dû se croire au-dessus de Dieu après tout cela ! Mais nous les avons rattrapés, et désormais ils sont punis, vous êtes à nous. Et puisqu’ils étaient si impatients de créer une race supérieure, un hybride qui ressemblerait à un humain, nous allons confronter leurs créations aux nôtres lors du Jeu. Voyez-vous, » Il toussa brièvement, comme pour commencer un discours : « Vos congénères participent depuis quelques jours à un grand Jeu que nous avons préparés pour déterminer qui sera le plus fort, le plus intelligent, le plus parfait d’entre eux. Celui qui méritera de survivre. Et nous avons décidé de vous y faire participer. Voyons voir… »
    Tandis qu’il fouillait dans ses poches, Shine releva lentement la tête, jetant des coups d’œil fébriles autour de lui. Pas moyen de s’échapper. Aucun. Que faire ? Rien sinon attendre. Le scientifique sortit une feuille de sa poche et la déplia, réajusta ses lunettes avant de commencer à lire d’une voix haute et solennelle :

    « Vous, spécimens, allez devoir survivre ici. Ceux qui vivront suffisamment longtemps seront récompensés… De la vie. Nourriture, retirée. Médicaments, cachés. Chauffage et air climatisée, coupés. Bonne chance. Voilà, » Termina-t-il avec un sourire mauvais, « ce qui désormais vous attend. Bonne nuit, chères petites expériences. »
    Et avant qu’il ait pu comprendre ce que ces mots impliquaient, Shine sentit une secousse électrique traverser tout son corps, en provenance des menottes qui entravaient ses poignets. Il sombra dans l’inconscience, avec une seule idée en tête : il retournait là-bas. Dans le noir et la peur, et la mort. Là où il ne verrait plus jamais ni soleil ni couleurs. Là où il n’y avait aucun espoir.
    Les portes se refermaient.


Dernière édition par Shine le Dim 8 Mai - 13:14, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 7 Mai - 16:47

{ S t o r y }
      17ème année du sujet 02.04-W100 : Le Jeu

    Shine ouvrit les yeux avec une difficulté qui lui sembla insurmontable. Un mal de tête à hurler enserrait son crâne, paralysant son cerveau et l’empêchant de penser rationnellement. Où était-il ?
    La seule vision des tubes néons au-dessus de sa tête, diffusant une lumière blanche et spectrale, suffit à lui faire comprendre. Il était de retour dans le laboratoire. Et il était seul. Il se redressa vivement, cherchant ses compagnons des yeux, mais peine perdue : il était allongé sur un lit blanc, dans une chambre blanche et vide. Avisant la porte, il se remit précautionneusement sur ses pieds et fit quelques pas dans sa direction, jusqu’à poser sa main tremblante sur la poignée. Il la tourna et rencontra une résistance ; il recommença dans l’autre sens, sans plus de résultat : elle était belle et bien verrouillée. Stupéfait et encore sonné, il resta planté un long moment devant le battant de métal. Il s’agissait d’un défi lancé narquoisement à sa qualité de 0 sans défense. Sauras-tu sortir où mourras-tu de faim dans cette pièce sans couleurs ? Ses facultés mentales se rallumant une à une, il se détourna et entreprit de fouiller la pièce avec des gestes mesurés, dans l’espoir de trouver la clé. Pas de violence ni de rage dans ses mouvements ; après tout, il avait été « élevé » comme ça. Cependant c’était peine perdue, et il en était certain au fond de lui-même ; et les paroles du scientifique tournoyaient dans sa tête, additionné aux images terribles de ce qui était arrivé aux Cinq. Ainsi, depuis le début, on lui avait menti ? On leur avait menti à tous, ne voyant en eux que de mignons jouets et des cobayes jetables ? Ainsi, tout ce qu’il croyait était faux, n’était qu’illusion ? Shine se rappelait des sourires des Cinq, la voix grave et rassurante de Père, leurs manières patientes et pédagogues… des mensonges ? Il en avait la gorge serrée. C’était comme si ses géniteurs, ses tuteur, ses parents l’avaient soudainement abandonné, trahi. C’était douloureux, bien trop pour le jeune homme qui n’avait jamais connu que la douceur et le chaud cocon paternel. Une partie de lui-même reconnaissait le rationalisme des révélations du chercheur, une autre protestait contre cet homme qu’il n’avait jamais vu auparavant et qui venait détruire tout ce qu’il croyait savoir sur les cinq qui avaient été là depuis sa venue au monde. Mais c’était vrai, oui, qu’il n’avait aucun souvenir d’avant sa seizième année. C’était vrai que ses cheveux roux souffraient sur la nuque d’un défaut de pigmentation, et qu’il se sentait parfois tiraillé par des instincts sur lesquels il n’avait aucun contrôle. C’était vrai, oui, depuis le début, tout n’était qu’une mascarade.
    Tout n’avait jamais été que mensonges.
    L’émotion prit l’Inu à la gorge, menaçant ses yeux verts de lâcher des larmes amères. Mais il se contint ; après tout, il était l’un des plus vieux Zéros. Il faisait partie des aînés ; son devoir était de protéger les autres. Donc, d’abord, il devait les retrouver ; ils devaient être quelque part dans cet endroit.
    Cependant, le jeune homme avait beau chercher, il ne trouvait pas le pass permettant d’ouvrir la porte. Lentement, il se tourna vers celle-ci, comprenant peu à peu ce qui ressortait de cette situation. Un frisson courut le long de sa nuque. C’était un test. En réalité, cette porte était fermée de l’extérieur. Il n’y avait donc plus qu’une seule solution pour l’ouvrir. Hésitant, l’Inu se rapprocha du battant, posa de nouveau ses doigts sur la poignée et la secoua comme il put pour tenter de l’ouvrir. Il sentait que le loquet résistait… mais ce n’était pas quelque chose de très solide. Alors, alors… Shine recula et observa l’obstacle, frissonnant devant sa propre audace. Laisse le 04 en toi s’exprimer. Enfonce-la. C’est ce qu’on attend de toi, voyons. C’est ainsi que tu dois agir. L’une des mains du jeune homme fut agitée d’un incontrôlable tremblement. Non, il ne pouvait pas. Fais-le !. Non. Le fait même de penser à effectuer un geste délibérément brutal le paralysait. Son « moi » zéro ne savait pas comment s’y prendre ; toute violence avait été bannie de sa manière de penser. Enfonce cette porte ou meurs. Il ne voulait pas mourir. Mais il n’était pas, physiquement, capable d’effectuer ce geste. Tremblant, l’hybride battit en retraite et retomba assis sur le lit.
    Il resta ainsi un temps incalculable, fixant la porte blanche du regard, toujours incapable de se décider à bouger. Puis quelque chose se produisit.
    La lumière s’éteignit.
    Un instant très bref, comme un éclair d’obscurité ; mais il suffit à faire sursauter Shine et à emballer son cœur. Les yeux écarquillés par un soudain effroi, une main sur sa poitrine comme pour contenir le galop de son rythme cardiaque, il leva le regard vers les néons. Ceux-ci clignotèrent de nouveau. Noir, lumière. Nuit, jour.
    Ténèbres.
    Le jeune homme se releva d’un bond. Non, non, il ne pouvait pas rester ici. S’il se retrouvait enfermé dans le noir, il allait devenir fou. Finalement, ce fut cette peur de l’obscurité qui avait survécu à sa transformation en zéro qui le poussa à réveiller ses instincts primaires. S’approchant de la porte, il commença par pousser sans élan, comme timidement, pour tester sa résistance. Bien entendu, ce n’était pas suffisant. Allez, bouge-toi. L’inu se jeta à l’eau ; littéralement, il donna un violent coup d’épaule dans le battant. La porte trembla, mais résista. Tremblant lui aussi, tentant de maîtriser l’emballement de son cœur provoqué et par la peur et par la violation de tout ce qu’on lui avait appris, Shine recommença un coup ; puis deux ; puis le jeune homme cessa de penser, redevenant un peu de ce qu’il avait été au début. Se jetant sur la porte comme une bête sauvage. Comme l’animal qu’au fond, il avait toujours été.
    Soudain, alors qu’il n’y pensait même plus, que toute idée rationnelle avait quitté son cerveau, le battant céda. Le jeune homme s’étala de tout son long de manière peu glorieuse. N’étant pas encore habitué au danger, il ne roula pas immédiatement sur lui-même comme tout hybride de série inférieure l’aurait fait, mais prit son temps pour se relever en se frottant le crâne. Bon sang. Ca commençait mal… mais au moins, il avait réussi à sortir. Malheureusement, cette pensée ne suscitait en lui aucun contentement, car il ressentait, maintenant qu’il était hors de la salle close, toute l’atmosphère de danger et de menace qui planait dans les alentours. Il sentait cette menace, cette menace de mort, comme s’il s’était agit d’une véritable odeur ; elle faisait s’hérisser la fourrure de ses oreilles, frissonner son échine et trembler ses mains. Il rôdait dans cet endroit des choses très dangereuses… que lui n’avait jamais connues. Décidant d’avancer avec prudence, l’Inu s’engagea dans le couloir à pas de loups, suivant le maigre instinct qu’on lui avait laissé pour toute arme, dans l’espoir de tomber sur l’un de ses compagnons d’infortune.

    Cela faisait à peine une dizaine de minute que Shine marchait lorsqu’il rencontra son premier hybride sauvage. Lorsque l’odeur de musc animal lui parvint, le Zéro s’immobilisa automatiquement. Cette fragrance réveillait en lui des souvenirs très lointains, des souvenirs oubliés… des souvenirs d’horreur, de souffrance et de mort. L’hybride se tenait à quatre pattes, accroupi dans une position grotesque au-dessus de ce qui semblait être… son déjeuner. L’espace d’un instant, Shine eut une pensée invraisemblablement naïve : où avait-il trouvé de la nourriture, alors que le scientifique avait bien précisé que les vivres leur avaient été enlevés ? La réponse balaya très vite ses doutes, lorsque l’autre releva la tête et le fixa d’un regard animal, les babines pleines de sang. Shine eut un mouvement de recul, horrifié. Cannibalisme. Il tenta de retenir la nausée qui l’assaillait face à l’atroce vision, l’odeur, le bruit de succion, la vue du sang, mais c’était peine perdue ; sans aucune retenue, le Zéro vomit sur le sol gris tout ce que contenait son estomac.
    Chancelant, la vue trouble, Shine fit un pas en arrière sous le regard de l’autre hybride, dans lequel il ne lisait que bestialité. Il devait partir. Le sourire qui étira les lèvres de la bête grotesque le convainquit et activa ses jambes : ici, tous étaient dangereux. Tous étaient fous à lier ; ce n’était pas l’extérieur où tout pouvait être expliqué : ici régnaient la folie, la peur et la mort. Le Zéro s’enfuit.
    Après cela, Shine fit de son mieux pour s’adapter à son nouvel environnement. Et pour survivre. Ce n’était pas la plus simple des choses, en réalité, car malgré sa stature imposante, il préférait jouer la carte de la discrétion. Car il ne voulait pas, en aucun cas, ôter la vie à un autre hybride. Parce que même plongé dans ce cauchemar, il restait un Zéro, plus proche de l’humain que n’importe quel autre. Alors il se cachait. Il apprit rapidement à utiliser son odorat pour éviter les lieux les plus fréquentés, puis ses autres sens afin de mieux appréhender les situations difficiles. Au fur et à mesure du temps, il comprit que les hybrides étaient partagés en plusieurs séries, et apprit sommairement à les reconnaître les unes des autres. Il apprit même leurs noms en observant les codes barre de plusieurs cadavres. Les six, huit et dix étaient fréquentables, les neuf un peu moins. Eviter les sept et les séries inférieures. Il comprit également assez vite qu’il était relativement aisé d’effrayer les six avec un grognement et un regard noir ; après tout, sa carrure plus forte que celle de la moyenne des mâles l’aidait bien en ce sens.
    Le premier problème grave qui se présenta à lui fut celui de la nourriture. En effet, il n’y avait plus aucun aliment comestible dans le labo, et ceux qui avaient tenté de se nourrir de médicaments – lorsque la faim était devenue trop forte - en avaient payé le prix. Or, Shine ne chassait pas. Le jeune homme avait trop de respect pour la vie ; c’était inscrit dans son éducation, cela faisait partie de sa manière d’être. S’il pouvait s’adapter à son environnement, il ne pouvait pas changer complètement, c’était impossible. Il était également incapable de redevenir l’animal qu’il avait été avant sa lobotomie. Parfois il le regrettait même, se disant que cela aurait été plus simple. Au final, il ne lui resta qu’une solution : se nourrir de charognes. La première fois, l’horreur et le goût de la viande lui retournèrent le cœur et il ne fut pas capable d’avaler plus de deux bouchées sans tout rendre aussitôt après. Le simple geste l’horrifiait ; il n’arrivait pas à se détacher d’un profond sentiment de dégoût envers lui-même et envers ceux qui les avaient mis dans cette situation. Il se sentait sale, horrible, souillé, et tout autour de lui lui semblait atroce. Incapable de se nourri correctement, il maigrit rapidement et à vue d’œil. Mais il se renforça également, et si ses traits se creusèrent, son esprit se durcit… un peu. Car au fond, il ne pouvait pas lutter contre sa nature.
    Lorsqu’il ne se cachait pas, l’Inu recherchait ses congénères. Mais rapidement, il comprit que ceux-ci n’étaient pas faits pour survivre dans un tel environnement. Cette révélation eut lieu lorsqu’il découvrit, par hasard, le corps déchiqueté de l’une de fillettes Zéro. Parfaite, ses cheveux blonds éparpillés, ses yeux clairs au regard mort grands ouverts. Une gamine qui avait partagé ses jeux et ses rêves. Au-delà des larmes, Shine ressentait désormais le désespoir ; comme si une lumière s’était éteinte, qui ne pourrait jamais se rallumer. Comme s’il entamait une descente vers les profondeurs de la terreur et de l’atrocité.
    Cependant, paradoxalement, un objectif finit par l’obséder : retrouver les autres et les aider à survivre. Parce qu’il était fort. Lui pouvait réussir à survivre seul, il en était persuadé. Même si au fond tant de haine et de bestialité l’effrayait, il était fort. Lui pouvait le faire ; il se le répétait inlassablement. Alors il devait se renforcer ; réveiller la part animale en lui. Il s’y appliqua chaque fois que la situation l’exigeait. Petit à petit, son caractère changea pour devenir plus calme, plus froid ; il réfléchissait moins, agissant comme son instinct le lui disait. Il commença à recourir à la force contre les autres hybrides sans les tuer, à voler la nourriture qu’il réussissait désormais à avaler presque sans problème – du moins lorsqu’il pensait à autre chose. Mais il restait un Zéro. Et plus le temps passait, plus il était persuadé qu’il le resterait toujours, même s’il réussissait à récupérer le potentiel qu’il avait perdu en le devenant. Il restait trop gentil, trop doux, et un reste de naïveté ressurgissait toujours chez lui au mauvais moment. Il détestait la violence, il redoutait la mort, ne voulait pas tuer, et même s’il ne frémissait plus devant les cadavres, il haïssait ceux qui tuaient et violaient avec sauvagerie.
    Et puis, quelques jours après son enfermement – les jours les plus longs de toute sa vie - il fit une rencontre. Une rencontre qu’il aurait préféré n’avoir jamais existé.

    17ème année du sujet 02.04-W100 : L’Autre

    C’était arrivé sans qu’il ait pu le prévoir. C’était arrivé brutalement, sans qu’il l’ait vu venir. Il était apparu au coin d’un couloir, comme ça, sans prévenir, et Shine s’était retrouvé face à Lui. C’était un Neko, mince, les cheveux d’un noir de jais, les oreilles de la même couleur, et les yeux d’un rouge sanglant ; et il trottinait d’une manière qui semblait presque joyeuse… comme s’il se promenait. Comme s’il se promenait, ici, dans cet univers de cauchemar ? Quelqu’un se foutait de la tête de Shine quelque part, là, c’était pas possible. Et puis, il était en train de croquer quelque chose qui malgré l’habitude retourna l’estomac de l’Inu : un bras arraché. La bouche barbouillée de sang contrastant avec son attitude qui paraissait somme toute plutôt humaine, il lui jeta un regard rouge vif. Et soudain, Shine fut pris d’une intense envie d’être ailleurs ; de disparaître, d’être n’importe où hors du champ de vision de ce type. De ne plus voir ces yeux ; la nausée qu’il ressentait à présent n’était pas due au casse-croûte macabre du Neko : elle provenait de quelque part tout au fond de son corps, tout au fond de sa tête. Quelque chose qu’il avait oublié.
    De la haine. Haine ?

    « Qui t’es ? » Interpella l’inconnu d’un ton désagréable, « T’as l’air d’un imbécile heureux qui va se faire tuer d’ici deux jours. »
    Shine ne répondit pas, se contentant de fléchir légèrement les genoux, prêt à réagir en cas d’attaque. L’hybride ne semblait pas en état de délire, mais il n’avait pas l’air de lui vouloir du bien non plus ; maintenant que le sursaut étrange qui lui avait donné envie de le frapper était retombé, Shine avait les idées plus claires, et préférait attendre qu’une occasion se présente. Un long silence s’étira entre eux deux, puis, comme s’il n’avait jamais existé, l’autre reprit de ce même ton narquois et mauvais à la fois :

    « Ouais, t’es comme mort, Ryô-chan. »
    Ryô ? Mais c’était quoi ce nom ? Et d’où il le sortait, d’abord, ce surnom ridicule ? Surnom ridicule et haïssable. Etre haïssable. Shine s’agita imperceptiblement. Non, il n’aimait pas ce type ; même s’il n’aurait pas pu dire pourquoi. Il était vrai qu’il ne pouvait réellement aimer personne, dans ce labo, avec tous les fous cannibales plus animaux qu’humains qui y traînaient leurs pattes faibles et tremblantes… mais ce qu’il ressentait actuellement, cette pointe de rage et de sauvagerie qui titillait son cœur, était tout autre chose.
    Mais ce nom, c’était quoi ? Et pourquoi il avait l’impression de l’avoir déjà entendu ? Et pourquoi haïssait-il tout de ce Neko, jusqu’à l’air qu’il respirait, au point d’en avoir la nausée, comme si ce n’était pas la première fois ?
    Non, il devait surmonter ce sentiment qui l’incitait à l’attaque et à la violence. La violence est autodestructrice ; cela faisait un moment qu’il avait décidé de n’employer la force que pour se défendre.
    Le jeune homme brun reprit en grognant, d’un air soudainement métamorphosé. Ce type de sautes d’humeur était assez fréquente chez les hybrides… elle surprit Shine néanmoins. Avec une soudaine agressivité dans le regard, laissant supposer que l’Inu n’était pas le seul à éprouver de l’antipathie pour son vis-à-vis, il grogna :

    « J’peux te bouffer aussi, celui-là a un goût bizarre. » Il agita le bras déchiqueté d’un air de défi.
    Shine hésita sur la conduite à tenir. Mais comme toujours, pour survivre comme il l’avait décidé, il misa sur la solution la plus diplomate.

    « Non, merci, je passe. » Laissa-t-il tomber avec une feinte désinvolture, la méfiance brillant dans son regard.
    Sous les yeux rouges qui ne cessaient de le fixer, l’Inu fit un pas en arrière, puis deux, puis trois sans quitter l’hybride des yeux… puis lorsqu’il fut certain que l’autre n’avait pas l’intention de l’attaquer, il tourna les talons et partit d’un pas délibérément mesuré dans le but de cacher au Neko le trouble qu’il avait provoqué chez lui. Avant d’être totalement hors de portée de voix, il entendit cependant un cri qui lui inspira un très mauvais pressentiment… ainsi qu’une brève bouffée de rancœur dont l’origine lui était inconnue :

    « A demain, Ryô-chan ! »
    A demain. Non, pitié, tout mais pas ça.

    Malheureusement, si. Le lendemain, et le surlendemain. Chaque jour, au final, Shine retomba sur ce même neko aux manières hautaines, moqueuses et agressives à la fois. L’hybride semblait l’avoir pris en grippe : il s’agissait de ces créatures qui, une fois qu’elles haïssent quelque chose, ne peuvent s’empêcher de la suivre et de la harceler afin de lui causer le plus de torts possible. Concernant l’hybride 08 qui disait s’appeler « Yuu », il s’agissait ni plus ni moins d’une haine qui tournait à l’obsession. Obsession d’un coté, répugnance de l’autre. Sans qu’il puisse expliquer pourquoi, Shine le trouvait fourbe, menteur, ironique, moqueur, sadique, manipulateur, hypocrite, sournois, et des journées entières n’auraient pas suffit à l’Inu pour dresser la liste complète de tous ses défauts. Il le trouvait immonde, tout simplement, et ne pouvait pas, mais absolument pas le supporter. A force de moqueries et de ses airs supérieurs ou désobligeants, le brun était devenu un de ses cauchemars récurrents, un cauchemar qu’il aurait eu, dans un coin de sa tête, énormément de plaisir à étrangler. Sa seule image incitait son cerveau de non-agressif à la violence, même s’il faisait tout pour réprimer sa colère, en accord avec l’éducation qu’il avait reçue.
    Shine l’apprit un peu plus tard, alors qu’il se familiarisait avec son nouvel environnement, mais il était connu par beaucoup comme « informateur » ; échangeant des renseignements utiles contre de la nourriture ou des objets précieux, il avait monté une sorte de commerce entre lui et ses pairs les plus intelligents. Contre Shine, le neko se servait de ses sources pour le retrouver chaque fois, et faire tout ce qui était en son pouvoir pour le mettre dans des situations impossibles. Plusieurs fois, l’Inu crut y laisser sa peau, contre des groupes de 02 enragés ou des 07 complètement fous. Et lorsqu’il ne lui tendait pas ces pièges sournois, Yuu – qu’en lui-même Shine nommait « l’Autre » - le débusquait chaque fois pour le narguer, le défier et tenter de le pousser à bout de nerfs par ses paroles méprisantes.
    Certes, le Zéro avait été élevé dans la non-violence. Mais son dégoût instinctif à l’égard du neko ainsi que le rude régime auquel celui-ci le soumettait poussait peu à peu sa patience à bout.
    Pendant ce temps, indépendamment de ces défis journaliers, Shine se sentait glisser, lentement, vers une certaine forme de folie qui lui rongeait sournoisement l’esprit. Alors qu’il devenait bête, son coté humain ne cessait de s’interroger ; qui était-il ? Qu’était-il ? Y avait-il seulement une raison à son existence, un espoir maintenant que le monde entier avait basculé dans les ténèbres ? Comme un papillon brisé ou un oiseau privé de lumière, le Zéro sentait l’obscurité qu’il avait toujours crainte le dévorer peu à peu, le vidant de ses forces ; cette folie née de la douleur, qu’il savait avoir ressentie auparavant sans savoir où… ce sentiment d’avoir tout oublié d’horreurs cachées qui pouvaient ressortir à tout moment… il y avait cette peur cauchemardesque des incertitudes, de la vérité, de ce que son esprit malade guéri par l’oubli pourrait lui révéler. Qu’était-il au final ? Un pantin de chair manipulé pour le plaisir par des humains fous, et laissé dans un coin une fois qu’il avait perdu son intérêt ? Un être sans utilité au cœur duquel se disputaient peur, folie, désir d’humanité et d’amour, violence ? Comment dissocier tout ce qui se bousculait en lui, comment redevenir la chose sensée et pensante qu’il avait jadis été, comment éloigner de lui cette bestialité dont il ne voulait pas ? Comme les autres hybrides enfermés avec lui, le jeune homme passait désormais d’une humeur à l’autre de manière incontrôlée, parfois silencieux comme une tombe et insensible à tout ce qui pouvait lui arriver, à d’autres moments empli d’une rage incontrôlable qui le poussait à tout détruire dans son sillage, et d’autres encore, vide de toute énergie, prêt à se laisser mourir au moindre éclat de voix. Amaigri, brisé, tordu, revenu à son état de jadis. Un animal blessé, trahi, abandonné. Ainsi, quelle était sa raison de vivre ? Y avait-il seulement le moindre espoir que ses amis aient survécu dans cet environnement si hostile, meurtrier, si plein de haine ? La haine tuait, la haine rendait fou, la haine le torturait et le perdait.
    Comment s’évader et redevenir lui-même ?
    C’est dans cet état d’esprit que Shine se trouvait, lorsque Yuu fit exploser toutes les émotions qu’il contenait à grand-peine au fond de lui.

    Le Zéro errait sans but, l’esprit vide, ses pas le menant au hasard vers une des innombrables salles dont l’utilité lui était inconnue. Il y entra lentement, promenant son regard éteint autour de lui. Une énième fois, un sentiment de déjà-vu l’étreignit, une fois de plus, il se demanda à quoi tout cela rimait. S’approchant de la table en bois qui trônait au centre de la pièce, il s’y appuya avec un soupir.
    Et puis, presque aussitôt, la porte qu’il avait pris le soin de clore derrière lui se rouvrit violemment, laissant apparaître dans l’encadrement le corps dégingandé et leste du neko 8. Un léger grognement s’échappa d’entre les lèvres du jeune homme qui tourna vers Yuu un regard vert flamboyant, alors que celui-ci s’écriait avec son habituel air sournois dissimulé derrière une feinte bonne humeur :

    « Salut, Ryô-chan ! Je t’ai manqué ? Ca fait un bail qu’on s’est pas vu, non ? Tu as dû te sentir seul, n… »
    « Tu vas jamais me foutre la paix ? »
    La question rhétorique était tombée si lourdement, emplie de tant de lassitude devant cette haine qu’il ne trouvait pas moyen de réprimer, qu’elle avait réussi l’exploit de couper Yuu dans un de ses délires se rapportant à sa victime. Le brun s’arrêta net, baissa les mains qu’il avait levées pour accompagner son petit air méprisant, et répliqua avec une expression ouvertement mauvaise, cette fois :

    « Oh que non, mon adorable Ryô-chan. Tu sais bien que je te déteste, le chiot ! »
    Et il éclata d’un de ces rires fous, mauvais, qui étaient sa spécialité et qui faisaient naître en Shine une irrépressible envie de le blesser. De le frapper comme jamais il n’avait frappé quelqu’un, de le tuer. Il n’en pouvait plus. Il n’en pouvait plus de ces incertitudes, de cette obscurité, de toute cette laideur, de cette peur omniprésente et de toute cette haine. Il fallait que la colère s’échappe. Il fallait que quelque chose se produise, ou il allait devenir fou.
    Et de toute manière, le rire de cet enfoiré lui tapait vraiment sur le système. Non, son être tout entier lui faisait horreur. Il aurait voulu le voir disparaître. Alors pourquoi se retenir.
    Une chaise vola. Traversa l’espace et alla frapper le Neko hystérique en pleine tête. Son rire s’arrêta net.
    Un grand silence tomba sur la scène : Shine haletant sous l’effet de la colère qui montait et teintait sa vision de rouge, sous la violence de son geste précédent ; Yuu toujours debout dans l’encadrement de la porte, muet, un filet de sang coulant le long de sa tempe, là où l’objet l’avait frappé. Puis sa main rejoignit ce filament rouge, et il lécha l’hémoglobine dégoulinant de ses phalanges avant d’esquisser un sourire. Un sourire sans joie, plein de haine.
    Haine.

    « Toi, t’es mort. »
    Avec une vivacité reptilienne, le 08 sauta sur l’Inu, une lame métallique rouillée sortie d’on ne sait où apparaissant dans sa main droite. Visant la jugulaire, il tenta de lui porter un coup fatal, mais Shine l’en empêcha en l’attrapant par le poignet. Utilisant sa force physique aussi supérieure à celle de Neko que celui-ci avait l’avantage en vitesse, le zéro arracha l’arme des mains de son adversaire et s’en écarta d’un bond. Après tout, malgré son geste impulsif précédent, son éducation ne le portait pas à l’attaque. Mais Yuu, lui, n’avait pas de problème d’agressivité. A peine perturbé par la perte de sa lame, il enchaîna avec un coup de pied que Shine para d’un avant-bras, sans riposter.

    « Minable ! T’as donc aucun honneur ? Tu penses pouvoir vivre heureux toute ta minable vie d’hybride ? T’es rien, tout le monde s’est foutu de toi. Ton joli monde est brisé, sale bête ! »
    Les paroles du jeune homme touchèrent de plein fouet le point sensible de l’Inu. Seul, abandonné et trompé ; un papillon dont on a brûlé les ailes. Un animal perdu qui ne cesse de chuter au fond de la nuit. Et qui hurle en attendant qu’on vienne le libérer.

    « TA GUEULE ! »
    Cette fois c’en était trop. Tout ce qu’il avait réprimé jusqu’à maintenant, toute la souffrance, le doute, la peur, la tristesse, la haine, tout s’échappait dans une explosion de colère pure. A présent peu importait qui il était et quoi, ce qu’il faisait ici et ce qu’il allait faire après. La seule chose importante désormais était de faire souffrir cette sale bête qui avait causé tout ce dérangement chez lui ; celui qui avait osé le pousser à bout, jusque dans ses retranchement, et qui l’obligeait à présent à se montrer sous un jour qu’il avait voulu réprimer. Avec violence, Shine attrapa le 08 à la gorge et le cogna contre le mur derrière lui, le plaquant sans retenue contre le métal froid. Le frappant au visage, il lui lança, avec toute la haine dont il était capable :

    « La différence entre toi et moi, c’est justement que toi, tu n’es jamais, jamais sorti de ce trou ! Parce que tu n’es qu’un raté ! Alors crois-toi malin et fort, mais toi aussi, tu crèveras seul et isolé, dans la peur et le noir, comme les autres ! »
    Un seul but : toucher, blesser, faire aussi mal que lui-même souffrait. La brutalité lui vidait la tête et le soulageait. Vider sa douleur sur quelqu’un, même si c’était en le frappant, lui faisait du bien. Mais ça ne pouvait pas être aussi simple, bien sûr. Ce n’était qu’une illusion, ça aussi, et au fond de lui, Shine le savait.
    Quant à lui, Yuu, à la grande surprise de l’Inu, ferma en effet sa gueule quelques secondes. Mais très vite, son sourire arrogant réapparut sur ses lèvres. Insupportable, malgré la position dans laquelle il se trouvait.

    « Je crèverai pas, le toutou domestique. Je me battrai, et puis… T’es pas seul, toi, peut-être ? Il est hors de question que je meure avant toi le chiot, il en est hors de question… Nee, Ryô-chan ? » Et en crachant ces derniers mots, le neko dégagea une de ses mains pour le griffer profondément au visage.
    Pris par surprise, Shine lâcha un aboiement de douleur, et son corps sous la tension du conflit réagit au quart de tour : la lame qu’il tenait toujours dans la main gauche siffla et trancha la chemise du 08, ouvrant une longue déchirure sur son abdomen et faisant jaillir son sang comme il avait fait couleur le sien l’instant précédent.
    Aussitôt, le jeune homme s’écarta de son ennemi, chancelant, une main sur son œil blessé. Il lâcha le couteau qui tomba à terre avec un bruit métallique et, le cœur battant à tout rompre mais les crocs en avant, cracha avec le plus de violence possible :

    « Tu peux rêver sale chat galeux ! Je te tuerai tu m’entends ?! Je vais survivre et je te crèverai ! »
    Cétait la première fois. La première fois qu’il criait avec tant de hargne, qu’il blessait quelqu’un parce qu’il le haïssait. C’était la première fois. Au fond de lui, c’était comme une fin et comme une libération. La main plaquée contre sa blessure dont le sang coulait à flot, le souffle court, Yuu trouva quand même le moyen de rire, de rire comme un dérangé. Dieu qu’il haïssait ce type.

    « Je vais te pourrir la vie ! » Hurla-t-il. « Toujours ! Je serai toujours là, jamais tu ne te débarrasseras de moi ! »
    Tournant les talons avec une légèreté un peu vacillante, le neko quitta la pièce en sautillant, la tête haute, et disparut dans l’ombre du couloir. Shine le regarda s’effacer ; puis la tête lui tourna et il se laissa tomber à terre, la main toujours appuyée sur son œil blessé. Il avait la nausée. Mais qu’à cela ne tienne. Maintenant il n’avait plus de raison de se retenir. Maintenant il avait quelque chose sur quoi déverser toute la colère et toute la sauvagerie qui grondait en lui. Un petit rire secoua le corps du Zéro blessé.
    Qu’il vienne. Il le tuerait.

    17ème année du sujet 02.04-W100 : Now

    Cétait fini. Bel et bien fini. Shine se demandait si il devait être triste, heureux, ou s’en moquer. Assis dans un couloir désert, appuyé contre un mur à coté d’un extincteur gisant sur le sol gris et froid, le Zéro qui avait repris du poil de la bête jetait de rapides coups d’œil à droite et à gauche pour s’assurer que nul ne venait le déranger. Attendant également le moment réagir. Devait-il pleurer ou rire ? Il n’en savait rien. Sans doute ne choisirait-il aucun des deux.
    C’était fini. C’en était terminé de l’incertitude et de la peur. Il avait choisi.
    Ici, toutes les tricheries étaient bonnes, car ce Jeu n’avait aucune règle. Alors il tricherait. Cette sauvagerie, il l’évacuerait en la dirigeant toute entière contre une seule personne. Toute sa haine retournée vers celui qui l’avait fait éclater la première fois. Ce n’était que juste retour des choses. Pensivement, le jeune homme passa un doigt le long de l’une des trois cicatrices qui barraient son œil gauche. Finalement, l’Autre avait peut-être servi à quelque chose, pour cette fois.
    Au moins maintenant il savait. Il n’abandonnerait pas. Il ne mourrait pas. Il allait chercher les autre Zéros et ne s’arrêterait pas avant de les avoir tous trouvés, morts ou vifs. Il allait sortir de cet enfer avec ceux qui avaient encore assez de raison pour le suivre, et il reverrait la lumière, encore une fois.
    Mais avant cela, il buterait ce connard qui s’acharnait encore et toujours à lui pourrir la vie.
    Au premier son de sa voix, Shine bondit sur ses pieds, saisissant la poignée noire de l’extincteur, le soulevant d’une seule main.

    « Ooh, Ryô-chan ! Quel plaisir de te voir ! ~ »
    « YUUUUUUUU SALE ENFOIRÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »
    Et l’objet décrivit un magnifique arc de cercle dans les airs pour retomber droit sur le Neko brun. Dont les yeux rouges ne cessaient de l’épier.
    Encore et encore, comme une boucle éternelle.
    Mais il sortirai. Et il mettrait fin à cette folie.


Dernière édition par Shine le Sam 7 Mai - 17:24, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 7 Mai - 16:49

{ y o u }

    Prénom : Selenda Again ~
    Âge : La quinzaine, heywais ~
    Sexe : Don’t you already know, darling ?
    Présence : Imprévisible
    Commentaires : C’est la deuxième fois que je fais un perso dont l’histoire et la façon d’être sont quasi-entièrement dépendants d’un autre PJ Oo C’est le forum qui me fait cet effet ?
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 7 Mai - 18:54

Waow! J'arriverais jamais à tout lire xD
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 13:12

Ben ouais en fait, c'est fait exprès pour qu'on ait la flemme de lire et que je puisse mettre n'importe quoi 8D *zbaf*
Shine
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 13:18

Pas cxn Very Happy
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 15:32

Heyouais 8D
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 17:47

    Waooouh ! °w°
    Y'a rien à dire, j'adore vraiment ton style d'écriture OxO ~ ♥

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 17:57

    C'est vrai ?
    Eh bien, merci, Princess ~♪ *révérence*
Shine
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Dim 8 Mai - 22:50

    J'ai finiiiiiiiiiiiiiiii !! <3
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Lun 9 Mai - 7:09

    OxO .... NAAAAAAAAN ! Tu as pas le droit de finir avant moi TwT
    (J'adore ton caractère °°)

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Lun 9 Mai - 9:40

    Eh ben... si ! 8D J'avais commencé avant, j'ai fini avant, na ! x3
    (Marchi <3)
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Mer 11 Mai - 21:37

Re-Bienvenue, donc !
J'ai tout lu, et j'étais sur le point de craquer, à la fin de l'histoire xD
Donc alors... Le code a déjà été validé avant par Haru ou bien tu l'as oublié ?
Je demande ceci avant de dire 'présentation validééééée' /o/

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Mer 11 Mai - 22:21

Pas le courage de tout lire..; Façon je connais déjà les grandes lignes =)

Vivement ta validation, veux RP avec toi ! <3
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Mer 11 Mai - 22:25

Héhé ~ Finalement, peut-être que tu seras pas validé avant moi 8D

Juste pour te prévenir qu'il y avait un problème de conjugaison dans ton histoire. (C'est le seul sur lequel je bloque vraiment) °°. C'est vers le moment avec le teaser, si tu as le goût de chercher =P

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Jeu 12 Mai - 20:34

Fock °°
*va se pendre*
Ca m'apprendra à faire une histoire trop longue >>"
*Ah, oui, je vais voir ça ~*
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Ven 13 Mai - 19:26

Hm, pour la validation j'aimerais lire l'histoire moi-même avant que tu sois officiellement validé et que tu puisses Rp. (Comme tu as choisi d'être un zéro faut subir un peu xD)
Par contre, comme tu t'en doutes, je vais pas tout lire d'un coup car c'est excessivement long et que j'ai autre chose à faire sur le moment ._. du coup ça devrait aller pour demain ~

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Ven 13 Mai - 22:25

Nyaaaaaan xD Discrimination sur les histoires à rallonge T_T *oupah XD*
Allez, j'vais subir.
Dignement ~
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 14 Mai - 2:13

Lève la tête et regarde-moi, dieu !, soit fière :3
L'histoire longue, respect, car j'en fais jamais (La plus longue que j'ai faite faisait 3500 mots et j'étais en mode 'omg' du coup xD) Mais ce doit être l'admin en moi qui ai pitié des autres adminis XD

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 14 Mai - 18:40

La solidarité entre admins xD Personnellement je ne fais de cadeau à personne ! 8D
*muahahah souffre*
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 14 Mai - 23:06

Ouais bah moi non plus voilà donc pourquoi tu attends (:

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Sam 14 Mai - 23:36

Bah ~ Souffrons toutes deux alors X3
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Lun 23 Mai - 16:23

Nya ? Elwi ou Rur' ?
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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    Lun 23 Mai - 16:25

J'ai déjà posté un message dans la page précédente, mais maintenant, c'est Haru qui s'occupe de ta présentation, patience /o/

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MessageSujet: Re: Shine - 02.04-W100 { Trying to catch a beautiful light, my wings were burnt... }    

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